Marc Serrano : "Si je suis matador de toros, c’est grâce aux arènes de Nîmes…"
15 ans après, le
dimanche 24 mai, en matinée, lors de la corrida 100 % française de la
Feria de Pentecôte, reviendra sur le sable des arènes de
Nîmes, le torero nîmois Marc Serrano.
"C’est dans ces
arènes que j’ai connu mes premiers émois d’aficionado. Si j’ai voulu
devenir torero, c’est dans ces arènes que l’idée m’ait
venu…"
Son grand-père était
un passionné de la tauromachie et c'est lui qui a transmis en grande
partie à Marc Christol, qui deviendra plus tard Marc
Serrano, la culture du toro. Né le 16 avril 1978 à Nîmes, il intègre
de Centre Français de Tauromachie à l’age de 12 ans et s’initie avec
Christian Le Sur et Pepe de Montijo.
Il
toréé à sa première novillada sans picador le 19 août 1993 aux
Saintes-Maries-de-la-Mer devant des becerros du
Laget aux cotés de "Luisito" et de "El Lobo". Le niveau suivant il
l’atteint le 16 mars 1996 à Arnedo (La Rioja) avec des novillos de
Lamamié de Clairac.
Il prend son alternative le 8 juin 2000, à Nîmes avec le toro "Fusilero 9"
de Célestino Cuadri, avec pour parrain El Zotoluco et pour témoin
José Luis Moreno. Le 20 août 2000, il fait sa présentation de
matador de toros en Espagne à Benalmádena (Malaga) en compagnie du Cid.
Il a confirmé son alternative le dimanche 7 septembre 2014 aux arènes de la Monumental de Las Ventas, à Madrid devant "Sandiero", un toro
José Joaquim Moreno de Silva.
Revenir à Nîmes 15 ans après, qu'est ce que cela représente pour toi ?
-"Comme je l’ai
dit, c’est là ou tout a commencé, ou je suis devenu matador de toros et
ne pas y revenir depuis 15 ans, c’était quelque chose de
difficile a vivre, quelque chose que je considère un peu comme une
injustice…"
Entre son alternative et cette dernière corrida, Marco Serrano a toréé six fois dans les arènes de Nîmes.
Justement, cette dernière corrida ?
-"C’était en juin
2011 pour la Feria de Pentecôte pour la présentation des toros de
Jean-Marie Raimond (Virgen Maria). J’ai reçu une sérieuse
blessure à mon premier toro. Blessure dans la cuisse avec deux
trajectoires. Vous comprenez mieux pourquoi je trouve injuste de ne pas
avoir re-toréé dans ces arènes, arènes qui sont mes arènes
au sens affectif du terme. C’est avec un très grand plaisir que je
ferais à nouveau le paseillo en habit de lumières dans cet amphithéâtre
auquel je suis tant attaché. "
Une
corrida 100% française avec six toreros de la tierra, un exercice
particulier qu’il a déjà vécu en ouverture de
la Feria de Pentecôte 2007 ou il s’était montré à son avantage en
coupant l’unique oreille d’une corrida de Torrenueva. Le cartel
réunissait alors Michel Lagravère, qui confirmait son alternative
en France, Lionel Rouff "Morenito de Nîmes", Swan Soto, Marc
Serrano, Julien Lescarret et Jonathan Veyrunes…
Qu'est ce qui te motive le plus dans cette corrida de 2026 ?
-"Retrouver mes
arènes, remettre l’habit de lumières, les pieds dans ces arènes qui
symbolisent beaucoup de choses pour moi, et essayer quelque
part d’effacer ce dernier souvenir douloureux et injuste. Et puis
pas besoin de plus de motivation pour faire le paseillo sur le sable
nîmois…"
Et quand,
malheureusement pour toi, on ne toréait pratiquement plus, qu'est ce qui
te pousse à continuer à te vêtir de lumières ?
-"Depuis deux ans
je n’ai plus remis ce costume de lumières mais je n’ai jamais cessé de
me préparer, de m’entraîner tous les jours. J’ai pour
cela la chance d’avoir pas mal de ganaderos qui m’invite à tienter
de façon régulière, ce qui me permet d’évoluer dans ma tauromachie tout
comme le fait de pouvoir me mettre devant le public lors
des divers festivals taurins auxquels je suis convié. En fait il n’y
a jamais eu de coupure et encore moins d’envie d’arrêter…"
Quels sont ou quel est le meilleur moment de ta carrière ?
-"Sans hésitation
mon alternative dans les arènes de Nîmes. Enfant, il y avait cette
tradition d’ouvrir les portes pour voir le dernier toro. A
cet age là, devenir matador de toros, me paraissait impossible, une
chose inaccessible. Et le jour ou je suis arrivé à l’être, ce fut comme
si réalisais mon rêve. Non pas une fin en soi, mais
l’envie de nouveaux projets, de construire quelques chose et après
26 ans d’alternative, j’ai toujours des objectifs et c’est ce qui fait
que ce jour là restera pour moi le meilleur moment de ma
carrière…"
D’où te vient cette générosité envers les enfants hospitalisés. Père Noël pour ceux des hôpitaux de Nîmes,
l'association "Un toro pour un rêve d'enfant" initié à Samadet et aujourd'hui à Mejanes pour les enfants hospitalisés d'Arles et de Nîmes....
-"J’ai toujours
été convaincu que les maladies étaient quelque chose d’injuste et encore
plus quand elles touchent les enfants. Elles profitent
de leur innocence pour leur prendre une partie de leur vie dont ils
n’ont pas encore profité. Avec l’aide de tous, je continuerais à leur
apporter, à mon petit niveau, un peu de joie, de bonheur,
à améliorer leur situation en apportant ma petite pierre à l’édifice…"
Après avoir toréé et connu de très beaux moments dans sa vie taurine dans tous les pays de la planète taurine, un
matador de toros nîmois rêve encore d’en connaître d’encore plus beaux. Ojala !